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Le contexte : naissance du PEN

Tout commence en 1959 avec le Olympus PEN original, conçu par l’ingénieur Yoshihisa Maitani. Son pari : un appareil photo mécanique, compact, abordable, tirant 72 vues en demi-format sur une pellicule standard. Le succès est immédiat au Japon. Mais Olympus veut aller plus loin et toucher le grand public le moins averti, ceux qui n’ont ni le temps ni l’envie de gérer l’exposition. C’est là qu’entre en scène la série EE, pour Electric Eye : un œil électrique qui règle l’exposition à votre place.

Olympus PEN EE (1961), Le pionnier

Dans l’histoire de la photographie compacte, peu de gammes ont autant marqué les esprits que les Olympus PEN EE. Derrière ces trois lettres se cache une philosophie simple et radicale : offrir la photographie automatique à tous, dans un boîtier tenant dans la poche, sur un format pellicule à part, le demi-format. Une image sur une demi-case de 24×36 mm, soit 72 vues sur une pellicule 36 poses. La révolution Maitani.

Olympus PEN EE type 1
Olympus PEN EE (type 1, 1961), Source : Wikimedia Commons / CC BY-SA

Le PEN EE de 1961 est le premier appareil vraiment grand public de la gamme. Sa grande innovation : une cellule au sélénium qui entoure l’objectif comme une couronne et règle automatiquement l’exposition sans pile. L’objectif est un D.Zuiko 28mm f/3.5 à mise au point fixe, pas de réglage à faire, on vise, on appuie. En cas de lumière insuffisante, un mécanisme bloque le déclencheur pour éviter les photos ratées. L’obturateur ne propose que deux vitesses : 1/40s et 1/200s, gérées automatiquement. Sensibilités supportées : ISO 10 à 200.

C’est un appareil d’une honnêteté désarmante. Il ne fait qu’une seule chose, mais il la fait bien.

Fiche technique

ObjectifD.Zuiko 28mm f/3.5
Mise au pointFixe
ExpositionAutomatique (cellule sélénium)
Vitesses1/40s – 1/200s
SensibilitésISO 10–200
FormatDemi-format 18×24 mm
Production1961

Olympus PEN EE-S (1962), La variante mise au point

Dès 1962, Olympus propose le PEN EE-S, une version améliorée avec un objectif plus lumineux : le D.Zuiko 30mm f/2.8. Le gain de lumière implique un compromis : il faut régler la mise au point manuellement, via une bague à trois positions symboliques (portrait, groupe, paysage). Toujours le même système sélénium, toujours les deux mêmes vitesses, mais une capacité accrue par faible lumière. Idéal pour les portraits en intérieur.

Olympus PEN EE-2 (1968–1977), La maturité

Olympus PEN EE-2
Olympus PEN EE-2 (1968), Source : Wikimedia Commons / CC BY-SA

Le PEN EE-2 arrive en 1968 et marque une vraie évolution. La formule de base reste identique, D.Zuiko 28mm f/3.5, mise au point fixe, sélénium, mais Olympus intègre deux améliorations clés :

  • Un sabot flash (hot shoe) pour brancher un flash électronique
  • Une plage de sensibilités élargie : ISO 25–400

Cette version sera produite jusqu’en 1977, soit près de dix ans, ce qui témoigne de sa popularité. Le design est légèrement retravaillé, plus propre, avec une finition en simili-cuir caractéristique des années 70. C’est souvent ce modèle que l’on retrouve en brocante en bon état.

Fiche technique

ObjectifD.Zuiko 28mm f/3.5
Mise au pointFixe
ExpositionAutomatique (cellule sélénium)
Vitesses1/40s – 1/200s
SensibilitésISO 25–400
FlashSabot hot shoe
Production1968–1977

Olympus PEN EE-3 (1973–1983), Le plus vendu

Olympus PEN EE-3
Olympus PEN EE-3 (1973), Source : Wikimedia Commons / CC BY-SA

Le PEN EE-3 est l’aboutissement de la lignée EE. Produit de 1973 à 1983, dix ans, record de longévité pour la gamme —, il conserve la même optique et la même mécanique que le EE-2, mais ajoute le système Flashmatic : en positionnant le flash GN14 dédié sur le sabot, l’appareil calcule automatiquement l’ouverture en fonction de la distance et du nombre guide. Plus besoin de calculer quoi que ce soit, même avec le flash.

C’est l’appareil idéal pour les débutants complets, les enfants, les voyages familiaux. Il a été vendu à des millions d’exemplaires dans le monde entier. Aujourd’hui, c’est aussi l’un des plus faciles à trouver et des moins chers à l’achat, et il fonctionne encore très bien.

Fiche technique

ObjectifD.Zuiko 28mm f/3.5
Mise au pointFixe
ExpositionAutomatique (cellule sélénium)
Vitesses1/40s – 1/200s
SensibilitésISO 25–400
FlashSabot hot shoe + système Flashmatic
Production1973–1983

Olympus PEN EED (1967–1972), Le haut de gamme EE

Olympus PEN EED
Olympus PEN EED (1967), Source : Wikimedia Commons / CC BY-SA

Le PEN EED occupe une place à part dans la famille EE. C’est le modèle pour l’amateur exigeant qui veut l’automatisme mais refuse de sacrifier la qualité optique. Son objectif F.Zuiko 32mm f/1.7 est l’un des plus lumineux jamais montés sur un PEN, idéal pour la photo en faible lumière ou pour un beau flou d’arrière-plan en demi-format.

Autre grande différence : il abandonne la cellule sélénium vieillissante pour une cellule CdS (sulfure de cadmium) alimentée par pile, bien plus précise et réactive. L’obturateur offre une vraie gamme de vitesses : de 1/15s à 1/500s, avec possibilité de passer en mode manuel. Un retardateur complète le tableau.

Le EED est aujourd’hui l’un des PEN les plus recherchés par les collectionneurs. Attention à l’état de la cellule CdS et aux piles, certains exemplaires anciens nécessitent un adaptateur pour les piles modernes.

Fiche technique

ObjectifF.Zuiko 32mm f/1.7
Mise au pointÉchelle de distances
ExpositionAutomatique + manuel (cellule CdS)
Vitesses1/15s – 1/500s
SensibilitésISO 12–400
FlashSabot hot shoe
RetardateurOui
Production1967–1972

PEN EES-2 (1968–1971), La variante lumineuse

Le PEN EES-2 complète la gamme en combinant le D.Zuiko 30mm f/2.8 de l’EE-S avec les évolutions du EE-2 : sabot flash, plage ISO 25–400. Il offre la mise au point manuelle par symboles (portrait, groupe, infini) et une ouverture supérieure pour les intérieurs. Moins connu que ses frères, il reste une belle option si vous le trouvez en bon état.

Lequel choisir aujourd’hui ?

Si vous voulez commencer la photo argentique sans prise de tête : le PEN EE-3. Facile à trouver, pas cher, fiable, et son optique 28mm fixe produit des images piquées avec un rendu « vintage » assumé.

Si vous cherchez plus de contrôle et de luminosité : le PEN EED. Son f/1.7 ouvre des possibilités photographiques bien supérieures, au prix d’un boîtier plus cher et d’une maintenance parfois nécessaire.

Si vous êtes collectionneur : le PEN EE original de 1961 ou le EE-S restent les pièces les plus rares et les plus historiquement significatives.


Sources : Wikipedia, Olympus Pen · Images : Wikimedia Commons sous licence Creative Commons.

Stephane

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